Fil noir

Réflexions incohérentes - FAD

Je n’arrive plus à écrire. Et j’ai du mal à parler.
Ce serait con de nier depuis quand.
C’est depuis mon pétage de câble à l’île de Ré.
J’avais eu ce sentiment d’oppression, de peur brute. Une peur à fait des conneries. Sauf que je ne suis pas seul. Je ne serais jamais seul. Et toujours mon jumeau m’en empêchera. Compliqué à expliquer et je ne veux pas vraiment expliquer. Mais quand je me suis dit "dafuq y a même pas de falaise quoi..." c’est lui qui m’a fichu une gifle mentale.
Et j’ai roulé vite...Avant de me rendre compte que la fuite c’est bien beau mais fuir quoi et pour aller où ?
Alors j’ai fais demi tour et je suis rentré à la chambre d’hôte.
Mais j’avais qu’une envie.
Le voir.
Non pas parce qu’il me manquait.
Non.
C’était l’enfant qui parlait.
Et l’enfant il disait j’ai peur.
J’ai peur, je veux Milk, j’ai peur, lui il me protégera, je sais pas pourquoi j’ai peur, je veux partir, partir loin d’ici.

Je ne sais pas pourquoi.
Plus je m’enfonce dans tout ça et plus j’ai tendance à retrouver le gamin que j’étais.
Ce gamin qui s’est effacé
Pour être fort
Pour laisser les autres s’accrocher à lui
Parce qu’il le fallait
C’est comme ça que je suis devenu une "bombe à retardement"
Parce qu’inconsciemment ma mère se raccroche à moi
Alors je tiens pour elle
Et quand elle va mieux
Je lâche la pression
Et comme tout vient d’un coup
Cela fait l’effet d’une bombe
Consciemment elle le dit d’ailleurs que sans moi elle ne serait plus là, sans moi elle aurait fait une connerie et qu’elle y avait songé
La feinte
Je le sais tout ça
J’avais la peur au ventre de la retrouver morte en rentrant de la fac tellement elle s’affaiblissait de jour en jour

Puis y a ce gamin qui brûle de faire ses preuves
Qui veut de la reconnaissance
Parfois à en venir à en vouloir à certains de le dépasser
Enfin ce dernier aspect est presque disparu désormais
Il n’en reste qu’une légère frustration
Ce gamin à qui on a toujours dit "tu peux faire mieux"
Ce gamin qui a eu un "je suis fier de toi" quand son beau-père qui fut comme son père était sur son lit de mort
Ce gamin qui durant près de 12 ans a été humilié, considéré comme de trop
Ce gamin qui pensait être un monstre
Qui n’en a jamais voulu aux autres
Car après tout
A cause de lui d’autres ont souffert
Et puis il n’a pas à se plaindre
D’autres souffrent bien plus

Ce gamin qui se faisait tirer par les cheveux à l’école par une salope de prof
Ce gamin qui a été le bouc émissaire
Mais à qui on a dit de mentir
Parce que cette prof était une femme battue
Et que si elle perdait son emploi elle se ferait encore frapper
Alors ce gamin a dut se traîner un dossier disciplinaire
Sans avoir rien fait
Sauf exister

Mentir, ils me grondaient parce que je le faisais
Mais sur le côté ils me demandaient de le faire
Véritable caméléon je suis donc monté sur scène
Je me suis inventé des rôles
Des vies
J’ai oublié tout ce que j’ai pu
J’ai appris mon texte
Au point que je m’y suis perdu
Aveuglé par les projecteurs
Puis un jour je me suis trompé dans mon texte
Le doute a jailli
Peu à peu le rideau est tombé
Je suis retourné aux coulisses
Mais j’avais oublié ce qui précédait la pièce
Alors j’ai rangé mon costume
Je suis sorti
Et j’ai commencé à errer

Le silence était oppressant
Les gens me confondaient avec mes personnages
Et je leur répondait quand même
Et parfois au détour d’une rue
Un flash, un souvenir surgissait
Me laissant encore plus hagard qu’avant
Faute d’être précis, il rendait mes pensées aussi flou que lui
Des noms, des visages, des lieux, des mots
Tout s’emmêlait
Apparaissant et disparaissant
A la vitesse d’un éclair

Oublier
C’est sans doute mon meilleur talent